Mercredi 15 juillet 2009

Cette troisième et dernière étape, la plus belle à mon avis, nous conduit de Lus la Croix Haute au golf du col Bayard, quelques kilomètres au dessus de Gap sur la route Napoléon.




Le profil de l'étape, 79km et 2866m de D+





Le départ est prévu à 6h45. Dès 5h du matin une agitation est perceptible à l'intérieur du camping. Nous nous levons et allons prendre le petit déjeuner avant la foule. Puis nous revenons faire un brin de toilette et préparer les bagages.
 
J'ignore  pourquoi, mais malgré le fait que nous avons du temps, nous en perdons et la majeure partie du groupe rate le départ de quelques minutes. Je me sens un peu seul en passant sous le portique, qu'à cela ne tienne, la route est ouverte et je roule sans aucune gêne. Le départ de l'étape se fait en douceur, d'abord sur six km de route et ensuite sur chemins et sentiers. Malgré ce départ matinal et deux journées éprouvantes, je me sens vraiment bien. Est-ce dû au fait que ce soit le dernier jour ou bien seulement à l'idée que je me fait de cette étape que nous avions ratée l'année dernière pour cause d'enneigement? Bref!..Cette montée sur le bitume autorise une bonne mise en jambes et tranche radicalement avec le départ de la veille.
Dans la fraîcheur matinale, je roule d'un bon train ces six premiers km et je suis étonné par le nombre de randonneurs que je récupère. Peut-être anticipent-ils les derniers km de cette ascension vers les deux cols à venir ? C'est vrai qu'il en reste neuf avant le col des tours et deux en portage jusqu'au Lauteret, mais d'après les dires de participants aux éditions précédentes, cette étape est plutôt roulante. La suite nous le dira.



A ma grande surprise, je rattrape Arnaud, Chon, Ouxav et Air-one? "Aurai-je été dopé à l'insu de mon plein gré?" Toujours est-il que cela me permet de faire quelques photos.





Nous nous arrêtons quelques instants sur le bord du sentier pour profiter du paysage.

Il est presque 8h. Nous reprenons l'ascension sans tarder.....










.....et après 1h40 de pédalage et de portage nous franchissons le col du Lauteret avant d'entamer l'une des plus belles descentes de ce raid. (Désolé, mais j'en ai pleinement profité et je n'ai pas de photo).
En bas, nous reprenons des forces au ravitaillement de la cluse (ou je retrouve Philippe pour la première fois) avant d'entamer une nouvelle ascension vers le Collet du Tât.






Cette fois les chemins sont plus roulants  et les paysages qui s'offrent à nos yeux sont toujours aussi sublimes.

Au détour d'un chemin je retrouve Arnaud, Chon et Ouxav occupés à réparer une patte de dérailleur. Je m'arrête un moment histoire d'immortaliser l'évènement.
J'essaie tant bien que mal de faire une pause récup', mais très vite je suis assailli par les moustiques et contraint à poursuivre mon chemin.







A ce moment précis, la chaleur aidant, je ressens subitement un gros coup de fatigue. La montée jusqu'au Collet du Tât sera longue et difficile pour moi. Nous sommes à peine à mi parcours. Urgo, que je n'ai pas revu depuis le départ, me dépasse juste au moment ou j'ai une pensée pour les autres membres du groupe.


Il est 11h lorsque j'arrive au Collet du Tât. Je m'accorde quelques minutes pour me restaurer avant de redescendre sur St Etienne en dévoluy.


J'engage seul cette seconde descente de la journée, d'abord sur un chemin rapide et piégeux, ensuite sur un sentier alternant roulant et cassant avec passage en balcon juste au dessus de St Etienne en dévoluy d'ou la vue est superbe.










Lorsque j'arrive en bas du sentier, j'aperçois en contrebas sur la route, le groupe Chon et Cie. Finalement, ils ne sont pas aussi loin que je pensais. Je les retrouve au point d'eau suivant  ou nous remplissons nos réserves respectives avant d'affronter la dernière grosse montée vers le col du Noyer.

Après une faible portion de route et un sentier plat nous nous trouvons encore face à une zone de portage.










La fatigue se fait de plus en plus sentir et des douleurs aux tendons du fessier m'oblige à m'arrêter souvent. Malgré tout le moral est là, la perspective de la descente  la plus longue de la journée (10km) après le col et le plaisir des yeux effacent la douleur.
L'arrivée au 2ème ravitaillement vers 12h25 me réconforte, le sommet n'est plus qu'à quelques centaines de mètres. Nous avons parcouru 46km et il en reste encore trente. La chaleur est bien présente et malgré les litres d'eau bus, j'ai la bouche sèche et j'ai du mal à avaler.


Dix minutes plus tard, je suis sur le point de repartir quand Jibé et Manu arrivent à leur tour. Nous échangeons quelques mots puis je me remet en selle

Sur le bord de la route qui mène au col, il y a plein de jolies fleurs bleues. J'esquisse un sourire en pensant à un forumeur de "vtt rando", il se reconnaîtra en lisant ces lignes (Salut J.Yves ) Je sors la boîte à images et....






....Il s'agirait de gentiane plus belle qu'utile vraisemblablement.



Vers 13h, au col du noyer, une vue imprenable sur le Champsaur s'offre à nos yeux.
 
Après avoir pleinement profité du spectacle et descendant sur la route, nous bifurquons sur la droite.
Vu ce qu'il y a en face je m'attend à une descente plutôt technique. Nous entrons dans la forêt de "Notre dame du bois vert ", lieu du  prochain ravitaillement.
Avec quelques épingles  en sous bois délicates à négocier au début, suivies d'un long single au bord du torrent et entrecoupée de traversées acrobatiques à travers les éboulis, cette belle descente très agréable porte en elle une dimension telle que je ne puis l'oublier. Le bruit du torrent, le silence parfois, la chaleur du soleil et la fraicheur de l'eau, la rocaille et les zones herbeuses,  la solitude dans certains passages.
Cette magie des lieux  me fait complètement oublier la souffrance des heures précédentes et me redonne de l'énergie pour continuer ce magnifique mais harassant périple.

Paradoxalement, la côte qui mène au dernier ravitaillement me rappelle à la dure réalité et je prend largement le temps de récupérer à l'ombre des sapins.




J'aperçois Jibé qui arrive ainsi que manu un instant plus tard.
 


Après une demi-heure de repos, une seule pensée m'obsède, la montée au col bayard jusqu'à l'arrivée. Habituellement celle-ci à lieu dans la ville de Gap. Cette année il nous faudra encore grimper quelques kilomètres sur une route déserte et sans intéret pour y parvenir.

Un peu plus loin, une surprise nous attend, nous débouchons sur un sentier en balcon dans un décors fabuleux. la falaise à notre droite et le vide à notre gauche ne laissent  aucun droit à l'erreur! Mieux vaut s'arrêter pour admirer le panorama.


Quelques kilomètres de sentiers et deux erreurs de parcours plus loin, je rejoint Manu et Jibé dans la montée vers le col Bayard que nous finirons ensemble aux environ de 16h20.



Une bonne douche "froide", un repas et un dernier verre, il est temps de penser au retour en bretagne.

Bilan: 76km pour 7h08 de roulage, etc....
Ainsi se termine cette aventure de trois jours inoubliables.



En conclusion, je dirai que par opposition à l'édition 2008, qui m'avait laissé un  sentiment mitigé entre la satisfaction d'avoir terminé et l'insatisfaction  de n'avoir pu faire cette troisième  étape (pour cause de météo défavorable), cette édition 2009 rassemblait tous les ingrédients d'une réussite, tant par la beauté des paysages et des sites traversés, que par la qualité du parcours dans son ensemble et ce malgré la canicule des deux premières journées qui a rajouté à la difficulté.  Les douches froides aux arrivées n'étaient pas non plus une panacée. A noter également une amélioration pour l'environnement avec les actions menées après chaque repas par l'association  "Ecoriders"<www.ecoriders.info>. Bilan positif donc pour cette rando raid "des chemins du soleil" 2009.

A quand la prochaine? La question reste posée!
Par remy - Publié dans : raid vtt
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Dimanche 14 juin 2009
Cette deuxième étape nous conduit de Luc en Diois à Lus La Croix Haute. 48km pour 2200m de D+
Le départ se fait un peu plus tardif à cause du raid élites parti une heure et demie plus tôt.
Après un breefing de plusieurs minutes rappelant les consignes de sécurité et la conduite à tenir en cas d'abandon, la meute est lâchée à 9h45. Une cinquantaine d'individus, peu respectueux du travail de l'organisation, est partie beaucoup plus tôt pour profiter de la fraîcheur matinale (sans assistance évidemment; avec les riques que cela comporte) mais ils seront bloqués au premier col par sécurité.














Dès le départ la chaleur se fait  sentir et présage une journée très chaude.Nous attaquons la montée vers le col du pinet, 14km d'ascension qui nous prendrons une bonne heure et demie. J'essaie de me placer en tête du peloton afin de pouvoir photographier la bande de furieux qui m'accompagne car s'ils me rattrapent je sais que je ne les reverrai pas.
C'est déjà vrai pour Michel, Freed, Fabtal et Philippe  qui m'a bien surpris, il a une forme incroyable.
Après un premier single court et tortueux, nous nous retrouvons face à une bosse! Je mets tout à gauche, je passe le premier virage puis le deuxième et.....Je pose pied à terre et je ne suis pas le seul. Ca commence fort ! Très fort même!! (Etape courte mais ô combien difficile).
Sur le bas côté du chemin un accordéonniste a eu la bonne idée de nous accompagner avec son instrument, une petite note de musique pour nous encourager!  Merci à lui . J'en profite pour sortir la boîte à images.













Après cet échauffement brutal et deux km de bitume, le chemin forestier se fait plus large et plus roulant, nous pouvons à nouveau pédaler. Petit à petit certains membres du groupe me rattrapent.


























Puis nous nous retrouvons au ravitaillement.













Nous poursuivons ensuite sur un single forestier étroit  avant de rencontrer un bourbier inévitable et une zone de portage très pentue avant d'atteindre le col veloux. Le début de la descente sur Boulc est tout aussi pentue et se fait par un single très étroit parmi des arbustes piquants et la caillasse. Cette descente se prolonge par un chemin  et se termine par la route.








 Je suis seul du groupe lorsque j'arrive à boulc. J'en profite pour me désaltérer et faire le plein du bidon et de la poche à eau. Je trempe également ma casquette dans l'eau fraîche (merci ma chère casquette) et je la remets sur ma tête. C'est incroyable comme ça fait du bien! Je grignote un morceau de saucisson et j'achète un coca à la buvette du coin croyant étancher ma soif, mais finalement il a du mal a passer.  Cette journée est la plus chaude, le thermomètre avoisine les 38°. A cet instant, j'ai une pensée pour Jibé et Manu que je n'ai pas vus depuis le départ. (enfin je crois?) .J'espère que  ça se passe bien pour eux. Dailleurs, j'ignore complètement s'ils sont devant moi ou derrière.
Plusieurs randonneurs arrivent subitement, je repars sans tarder afin d'éviter la foule dans les passages techniques.

La montée vers le col Sambue se fait en partie par le sentier de l'Echelle. Un passage en lacets à flanc de montagne d'ou les points de vues sur la vallée sont saisissants.


























Je remercie au passage la sympathique 
promeneuse qui m'a proposé de me
photographier.




Après le col,  nous redescendons 4km de sentier avant d'arriver au  ravitaillement suivant.













Je retrouve Jibé qui était bien devant moi, mais Manu n'est pas encore là. Il fait très chaud et le ravitaillement est en plein soleil (pas très judicieux le choix de l'emplacement!). Je me restaure et je me rafraîchi. Un bénévole, préposé à l'eau, ne cesse de remplir gourdes, camelbacks et bidons car tout le monde est assoiffé. Entretemps, Greg (Mammut) et Manu arrivent à leur tour.
Je prends quelques photos et je repars sans attendre. Il est bientôt quinze heures, la chaleur est écrasante et la fatigue se fait brutalement sentir, je grimpe encore quelques côtes et en haut de l'une d'elle, une zone ombragée sous un arbre semble m'attendre, je ne résiste pas à l'envie, je pose le vélo et je m'allonge pour profiter d'une petite sieste réparatrice. Cinq minutes plus tard, Greg arrive et fait également une halte. Son épaule droite (endolorie à cause d'une chute la veille) le fait souffrir. Il repart quelques instants plus tard. Ma tentative de sieste est souvent interrompue, chaque randonneur qui passe me demande si ça va, je répond toujours oui.


Finalement  c'est l'arrivée de Jibé qui me fait repartir. Quelques hectomètres plus loin, pendant la montée vers le col de Lus, nous faisons à nouveau une pause à l'ombre. L'instant suivant, une randonneuse arrive suivi de très près par "Manu", ils pédalent tous les deux d'un bon train et nous passent comme si nous n'existions pas (sacré Manu! Voilà que subitement la forme revient!). J'en souri encore quand je revois la scène.
Nous les retrouvons un peu plus haut  près d'une cascade ou chacun s'arrête pour se rafraîchir.

Nous continuons la montée ensemble.
Nous atteignons le sommet du col  un peu avant dix sept heures.
Juste en arrivant , j'aperçois David (Chon) et Arnaud qui me font un signe de la main avant d'entamer la descente.
A peine deux ou trois minutes de repos et nous les suivons. Manu en tête, nous nous engageons dans un sous-bois sur un sentier étroit en dévers, des racines et des pierres rendent le passage délicat. En quelques secondes Manu prend quarante mètres d'avance, je suis concentré sur la trajectoire à suivre quand tout à coup je vois quelque-chose dévaler la pente?! Je m'arrête et ??.... Oh!..malheur!  C'est Manu qui viens de chuter, un tronc d'arbre en contrebas lui barre le passage, je me dis qu'il va s'arrêter là, mais emporté par la vitesse, il le franchi et fini quand même par stopper sa chute trois ou quatre mètres après. Le randonneur qui le précède fait demi tour. Nous appelons, Manu? Ca va? Il se relève, un peu secoué et remonte la pente, ouf! Il est sain et sauf. Nous récupérons son vélo en équilibre sur le bord du sentier, la roue arrière est crevée, c'est sans doute ce qui a provoqué sa chute.

Pendant que Manu répare, les motos accompagnatrices nous dépassent.










Après quelques passages en balcon et la traversée de deux névés, le reste de la descente se fait sans difficultés particulières.










Le profil de la journée







Bilan: 5h28 de roulage pour 49km au compteur





Par remy - Publié dans : raid vtt
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Vendredi 12 juin 2009

Pour cette édition 2009, trois étapes entièrement nouvelles pour moi. Trois étapes toujours aussi difficiles, mais quel plaisir que de rider sur  ces chemins et ces sentiers montagnards nous offrant des vues sur des paysages magnifiques et resplendissants sous le soleil de la drôme et des hautes alpes. Quelques passages sur la neige et une  très belle descente le long d'un torrent agrémentent également ces trois jours de bonheur à l'état pur.














La première étape nous emmène de Dieulefit à Luc en Diois. 80km de distance environ et 2855m de D+
A peine quelques centaines de mètres dans les rues de Dieulefit et nous attaquons dejà une montée qui nous met en condition. Ensuite premier single, premier ralentissement, qui fort heureusement ne dure qu'une minute,
nous descendons dans les bois sur deux kilomètres jusqu'à la paillette puis nous remontons deux cols avant de redescendre au premier ravitaillement à St Férréol-trente-pas. Pour l'instant j'ai de bonnes sensations, les jambes tournent bien mais le plus dur reste à faire.
La suite n'est qu'une succession de montées interminables (souvent en PTV) dont celles du col du Pensier et du col de la Motte et de descentes plus ou moins ludiques selon la nature du terrain. La première descente avant villeperdrix est vraiment géniale, de grosses marches en pierres entrecoupées de pierriers très instables nous obligent à une vigilance accrue. Chute fortement déconseillée. Les paysages sont sublîmes.











Entre le premier et le deuxième ravitaillement, la chaleur commence à se faire pesante, il fait près de 34°et les points d'eau que nous rencontrons sont les bienvenus. Jibé, Manu (A donff!) et moi-même roulont ensemble, le reste du groupe est devant. Manu commence à souffrir de crampes et ne parvient plus à nous suivre. Nous sommes à peine à la moitié du parcours!  Nous décidons d'un commun accord de continuer chacun à son rythme et de nous retrouver au ravitaillement.

L'ascension vers le col du Pensier est épuisante et nous la finissons à pieds, la pente est trop raide,  il faut ménager nos forces pour la dernière ascension du col de la Motte (la plus longue de la journée). Nous faisons une pause au col du Pensier d'au moins quinze minutes, toujours pas de Manu à l'horizon?
 











Nous redescendons vers le deuxième ravitaillement au plan d'eau du Pas des ondes.
 Le temps de nous restaurer, de faire le plein des poches à eau, de prendre quelques photos et voilà que Manu nous rejoint.
Bien sûr nous l'attendons et nous prolongeons la pause sur la terrasse du bistrot d'à côté devant deux mousses et une limonade. Pendant ce temps, nous apprenons de l'organisateur qu'il reste encore plus de cent cinquante randonneurs dans la montagne et qu'il y a déjà plusieurs abandons, du jamais vu selon ses dires. Nous ne sommes qu'au km 55 et le plus dur reste à faire.
Après la Motte Chalançon l'ascension du col est vraiment pénible, les visages sont blèmes et les organismes très fatigués. Les derniers km se montent à pieds et de nombreuses pauses sont nécessaires pour reprendre notre souffle et nous réhydrater.












L'arrivée au sommet du col est un immense soulagement.
La descente vers Luc en Diois se fait rapide sur un grand chemin gravillonné prolongé d'un single technique dans lequel un pilotage précis s'impose. Stéphane (un membre du groupe)s'en souviendra sûrement après sa chute.
L'étape se termine au camping de Luc en Diois.



82km au compteur, 7h27 de roulage, poussage et portage et content de finir.


 


Par remy - Publié dans : raid vtt
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