Cette troisième et dernière étape, la plus belle à mon avis, nous conduit de Lus la Croix Haute au golf du col Bayard, quelques kilomètres au dessus de Gap sur la route Napoléon.
Le profil de l'étape, 79km et 2866m de D+
Le départ est prévu à 6h45. Dès 5h du matin une agitation est perceptible à l'intérieur du camping. Nous nous levons et allons prendre le petit déjeuner avant la foule. Puis nous revenons faire
un brin de toilette et préparer les bagages.
J'ignore pourquoi, mais malgré le fait que nous avons du temps, nous en perdons et la majeure partie du groupe rate le départ de quelques minutes. Je me sens un peu seul en passant sous le
portique, qu'à cela ne tienne, la route est ouverte et je roule sans aucune gêne. Le départ de l'étape se fait en douceur, d'abord sur six km de route et ensuite sur chemins et sentiers. Malgré
ce départ matinal et deux journées éprouvantes, je me sens vraiment bien. Est-ce dû au fait que ce soit le dernier jour ou bien seulement à l'idée que je me fait de cette étape que nous avions
ratée l'année dernière pour cause d'enneigement? Bref!..Cette montée sur le bitume autorise une bonne mise en jambes et tranche radicalement avec le départ de la veille.
Dans la fraîcheur matinale, je roule d'un bon train ces six premiers km et je suis étonné par le nombre de randonneurs que je récupère. Peut-être anticipent-ils les derniers km de cette ascension
vers les deux cols à venir ? C'est vrai qu'il en reste neuf avant le col des tours et deux en portage jusqu'au Lauteret, mais d'après les dires de participants aux éditions précédentes, cette
étape est plutôt roulante. La suite nous le dira.
A ma grande surprise, je rattrape Arnaud, Chon, Ouxav et Air-one? "Aurai-je été dopé à l'insu de mon plein gré?"

Toujours est-il que cela me permet de faire quelques photos.
Nous nous arrêtons quelques instants sur le bord du sentier pour profiter du paysage.
Il est presque 8h. Nous reprenons l'ascension sans tarder.....
En bas, nous reprenons des forces au ravitaillement de la cluse (ou je retrouve Philippe pour la première fois) avant d'entamer une nouvelle ascension vers le Collet du Tât.
Cette fois les chemins sont plus roulants et les paysages qui s'offrent à nos yeux sont toujours aussi sublimes.
Au détour d'un chemin je retrouve Arnaud, Chon et Ouxav occupés à réparer une patte de dérailleur. Je m'arrête un moment histoire d'immortaliser l'évènement.
J'essaie tant bien que mal de faire une pause récup', mais très vite je suis assailli par les moustiques et contraint à poursuivre mon chemin.
A ce moment précis, la chaleur aidant, je ressens subitement un gros coup de fatigue. La montée jusqu'au Collet du Tât sera longue et difficile pour moi. Nous sommes à peine à mi parcours. Urgo,
que je n'ai pas revu depuis le départ, me dépasse juste au moment ou j'ai une pensée pour les autres membres du groupe.
Il est 11h lorsque j'arrive au Collet du Tât. Je m'accorde quelques minutes pour me restaurer avant de redescendre sur St Etienne en dévoluy.
J'engage seul cette seconde descente de la journée, d'abord sur un chemin rapide et piégeux, ensuite sur un sentier alternant roulant et cassant avec passage en balcon juste au dessus de St
Etienne en dévoluy d'ou la vue est superbe.
Lorsque j'arrive en bas du sentier, j'aperçois en contrebas sur la route, le groupe Chon et Cie. Finalement, ils ne sont pas aussi loin que je pensais. Je les retrouve au point d'eau
suivant ou nous remplissons nos réserves respectives avant d'affronter la dernière grosse montée vers le col du Noyer.
Après une faible portion de route et un sentier plat nous nous trouvons encore face à une zone de portage.
La fatigue se fait de plus en plus sentir et des douleurs aux tendons du fessier m'oblige à m'arrêter souvent. Malgré tout le moral est là , la perspective de la descente la plus longue de
la journée (10km) après le col et le plaisir des yeux effacent la douleur.
L'arrivée au 2ème ravitaillement vers 12h25 me réconforte, le sommet n'est plus qu'à quelques centaines de mètres. Nous avons parcouru 46km et il en reste encore trente. La chaleur est bien
présente et malgré les litres d'eau bus, j'ai la bouche sèche et j'ai du mal à avaler.
Dix minutes plus tard, je suis sur le point de repartir quand Jibé et Manu arrivent à leur tour. Nous échangeons quelques mots puis je me remet en selle
Sur le bord de la route qui mène au col, il y a plein de jolies fleurs bleues. J'esquisse un sourire en pensant à un forumeur de "vtt rando", il se reconnaîtra en lisant ces lignes (Salut J.Yves

) Je sors la boîte à images et....
....Il s'agirait de gentiane plus belle qu'utile vraisemblablement.
Vers 13h, au col du noyer, une vue imprenable sur le Champsaur s'offre à nos yeux.
Après avoir pleinement profité du spectacle et descendant sur la route, nous bifurquons sur la droite.
Vu ce qu'il y a en face je m'attend à une descente plutôt technique. Nous entrons dans la forêt de "Notre dame du bois vert ", lieu du prochain ravitaillement.
Avec quelques épingles en sous bois délicates à négocier au début, suivies d'un long single au bord du torrent et entrecoupée de traversées acrobatiques à travers les éboulis, cette belle
descente très agréable porte en elle une dimension telle que je ne puis l'oublier. Le bruit du torrent, le silence parfois, la chaleur du soleil et la fraicheur de l'eau, la rocaille et les zones
herbeuses, la solitude dans certains passages.
Cette magie des lieux me fait complètement oublier la souffrance des heures précédentes et me redonne de l'énergie pour continuer ce magnifique mais harassant périple.
Paradoxalement, la côte qui mène au dernier ravitaillement me rappelle à la dure réalité et je prend largement le temps de récupérer à l'ombre des sapins.
J'aperçois Jibé qui arrive ainsi que manu un instant plus tard.
Après une demi-heure de repos, une seule pensée m'obsède, la montée au col bayard jusqu'à l'arrivée. Habituellement celle-ci à lieu dans la ville de Gap. Cette année il nous faudra encore grimper
quelques kilomètres sur une route déserte et sans intéret pour y parvenir.
Un peu plus loin, une surprise nous attend, nous débouchons sur un sentier en balcon dans un décors fabuleux. la falaise à notre droite et le vide à notre gauche ne laissent aucun droit Ã
l'erreur! Mieux vaut s'arrêter pour admirer le panorama.
Quelques kilomètres de sentiers et deux erreurs de parcours plus loin, je rejoint Manu et Jibé dans la montée vers le col Bayard que nous finirons ensemble aux environ de 16h20.
Une bonne douche "froide", un repas et un dernier verre, il est temps de penser au retour en bretagne.
Bilan: 76km pour 7h08 de roulage, etc....
Ainsi se termine cette aventure de trois jours inoubliables.
En conclusion, je dirai que par opposition à l'édition 2008, qui m'avait laissé un sentiment mitigé entre la satisfaction d'avoir terminé et l'insatisfaction de n'avoir pu faire cette
troisième étape (pour cause de météo défavorable), cette édition 2009 rassemblait tous les ingrédients d'une réussite, tant par la beauté des paysages et des sites traversés, que par la
qualité du parcours dans son ensemble et ce malgré la canicule des deux premières journées qui a rajouté à la difficulté. Les douches froides aux arrivées n'étaient pas non plus une
panacée. A noter également une amélioration pour l'environnement avec les actions menées après chaque repas par l'association "Ecoriders"<
www.ecoriders.info>. Bilan positif donc pour cette rando raid "
des chemins du soleil" 2009.
A quand la prochaine? La question reste posée!